Édito de Votre Semaine

MON MOUTON SERA-T-IL À LA CRÈCHE?

Dans la crèche familiale, me disait ce vieil ami, dès le premier dimanche de l’Avent, chaque enfant avait “son” mouton, qu’il fallait amener le plus près possible de l’enfant Jésus attendu pour Noël… Une bonne action, un effort de partage, de bonne entente avec tous: le mouton avançait. À l’inverse: il reculait…Et l’ami ajoutait: Le mien avait du mal à avancer!… Belle générosité de cœurs d’enfants pour préparer Noël avec un vrai souci spirituel… Et puis, il y a eu les “calendriers de l’Avent” pour guider la prière, jour après jour, avec les textes bibliques si beaux qui annoncent la venue du Messie. C’était toujours un “entraînement” spirituel… De nos jours, les calendriers de l’Avent que nous voyons fleurir un peu partout ne nous proposent plus chaque jour, en guise d’effort méritoire, une petite friandise en attendant le grand réveillon de Noël!… L’Avent (avec un “e”), qui prépare l’Avènement du Sauveur dans notre monde n’est plus autour de nous qu’une course aux réjouissances pour s’étourdir un peu dans un monde qui se déshumanise.
Mais, au fait, qu’en est-il pour les chrétiens que nous sommes? On parle d’ATTENDRE le Christ Sauveur. En réalité, attendons-nous encore quelque chose ou quelqu’un qui pourrait redonner goût à une vie toujours difficile et souvent blasée?… Comment mettre nos cœurs dans une vraie attente de Celui qui ne cesse de vouloir “prendre chair en notre chair” en venant partager notre condition humaine? Je ne saurais mieux dire que le Cardinal John-Henry Newman (1801-1890), pasteur anglican qui a rejoint l’Église catholique, et que le pape François vient de “canoniser” (c’est-à-dire de déclarer “saint”) le 13 octobre dernier. Voici ses paroles: »Savez-vous ce que c’est que d’attendre un ami, d’attendre qu’il vienne, et de le voir tarder ? (…)
« Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami au loin, d’attendre de ses nouvelles et de vous demander jour après jour ce qu’il fait en ce moment, et s’il est bien portant ? Savez-vous ce que c’est de vivre pour quelqu’un qui est près de vous à tel point que vos yeux suivent les siens, que vous lisez dans son âme, que vous voyez ses désirs, que vous souriez de son sourire et vous attristez de sa tristesse, que vous êtes abattu lorsqu’il est ennuyé, et que vous vous réjouissez de ses succès ? Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là, autant que des sentiments de ce monde sont capables de figurer ceux d’un autre monde… »(Parochial and Plain Sermons, vol. IV, sermon 22).
Rien, là-dedans, de mièvre ou de sentimental, mais une découverte de la profonde tendresse de Dieu à notre égard, qui nous appelle, en retour, à être des “frères universels”, comme le disait le Père de Foucauld,«pour que règne cette concorde, cet amour, cette tendresse (…) qu’un tendre père souhaite pour ses enfants.» La voilà, la vraie Paix de Noël, cette petite lueur dans le fracas du monde. Ça nous dépasse? Évidemment! Mais nous ne sommes pas chargés de sauver le monde: Le Sauveur y pourvoit. Mais Il compte sur nous. Méditons le proverbe: Il vaut mieux allumer une bougie que de maudire l’obscurité!… Que ferons-nous cette année pour être des lumières d’espérance là où nous sommes?
             Père Pierre GUILBAUD

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« Extraits »  Prière du Pape François pour tous les migrants (Ile de Lesbos)
« Dieu de Miséricorde, Père de tous les hommes,
réveille-nous de notre sommeil d’indifférence !
Ouvre nos yeux à leur souffrance,…
…Puissions-nous partager avec eux les bienfaits
que nous avons reçus de ta main,… »


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