Édito de Votre Semaine

« Il est là ! Il nous attend ! »

Cette affirmation de foi du Curé d’Ars dit bien l’importance dans nos vies de la reconnaissance de Jésus dans l’Eucharistie que le saint invitait ses paroissiens à adorer. Mais qu’est-ce que l’adoration ? Et suffit-il d’adorer pour connaître Jésus ?
L’adoration eucharistique, telle que nous l’Église nous invite à la vivre aujourd’hui, est-née dans un contexte médiéval où la plupart des fidèles, de crainte de recevoir le corps du Seigneur de manière indigne, ne communiaient plus qu’à Pâques, après s’être confessés. Est donc né un désir de voir Jésus : ainsi apparaît le geste de l’élévation de Jésus-Hostie et du Calice au cours de la messe, puis progressivement les saluts du Saint-Sacrement et la procession de la Fête-Dieu. C’est cette fête que nous nommons aujourd’hui solennité du Saint Sacrement du corps et du sang du Christ
Ce désir de « voir Jésus » s’est ensuite largement développé au cours des dernières décennies et permet à bien des fidèles de grandir spirituellement en s’unissant de manière plus étroite à Jésus dans l’adoration eucharistique. Pour autant, celle-ci ne
saurait suffire pour dire en vérité que nous connaissons Jésus. Les quelques fêtes de saints des semaines à venir vont nous l’enseigner.
L’adoration ne saurait d’abord être véritable sans ce sentiment de crainte qu’éprouveront saint Jean-Baptiste (dont nous célébrons la Nativité le 24 juin) et Saint Pierre (fêté le 29 juin). Quand le Précurseur dira de Jésus qu’il n’est « pas digne de délier la courroie de sa sandale » (Jn 1, 27), le Prince des Apôtres, après la pêche miraculeuse, s’exclamera : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » (Lc 5, 8). Sans la crainte – qui n’est qu’une autre traduction de l’adoration, c’est-à-dire de la reconnaissance de la grandeur de Dieu, il n’y pas de rencontre véritable avec le Seigneur.
Cette crainte-adoration, qui nous fait éprouver notre petitesse, est au service de notre croissance spirituelle, nous permettant de reconnaître avec saint Jean que « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et [qu’]il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés » (1 Jn 4, 10). Ce que le jeune Louis de Gonzague (fêté le 21 juin) exprimera à sa façon dans la lettre qu’il adresse à sa mère quelques jours avant de mourir : « lorsque je médite sur la bonté divine, comparable à la mer qui est sans fond et sans rivage, mon âme tombe dans un abîme ».
En rester là, cependant, serait encore faible dans notre connaissance de Jésus que saint Paul (dont nous célébrerons le martyr le même jour que celui de Pierre) a rencontré sur le chemin de Damas. L’affirmation de Jésus en cette occasion reste pour nous : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes ». De manière plus positive, saint Jean nous invite à reconnaître Dieu dans nos frères : « Puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. […] Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour atteint en nous la perfection » (1 Jn 4, 11-12)
Si l’adoration ne nous conduisait pas à un amour plus grand pour le prochain, ce culte spirituel serait vain pour nous permettre de connaître Jésus. Mais nombreux ceux qui l’expérimentent : l’adoration véritable, en nous unissant à Jésus, nous permet de l’aimer davantage dans nos frères, malgré nos insuffisances. Plus largement, cet amour nous unit également à ceux qui souffrent, au proche ou au loin. Et puis, c’est de cet amour pour Jésus et pour nos frères que naîtra en nous le désir d’être les « disciples missionnaires » que le monde attend ou pour d’autres d’être prêtre, comme Thomas Cruchet et bien sûr Nicolas Harel (de Paimboeuf) dont l’ordination a lieu ce dimanche 23 juin à Nantes.
Que les temps festifs que la liturgie nous fait vivre nous permettent de porter ces fruits d’annonce de l’évangile, non seulement en paroles, mais aussi en actes et en vérité que le Seigneur attend de nous.
             Père Sébastien Catrou, votre curé

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« Extraits »  Prière du Pape François pour tous les migrants (Ile de Lesbos)
« Dieu de Miséricorde, Père de tous les hommes,
réveille-nous de notre sommeil d’indifférence !
Ouvre nos yeux à leur souffrance,…
…Puissions-nous partager avec eux les bienfaits
que nous avons reçus de ta main,… »


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