Que retenir après nos vacances en République démocratique du Congo ?

Inviter une personne dans son pays est une belle aventure en soi, mais à laquelle il faut veiller. C’est cela qui a justifié ma crainte la veille de notre voyage pour Kinshasa, père Christophe et moi, car mon pays la République Démocratique du Congo vit des heures difficiles depuis bien longtemps, mais l’inquiétude est encore présente depuis 2011. Le climat socio-politique du pays fait que rien ne peut donner une garantie dans la circulation des biens et des personnes même si ceux qui vivent au pays ne se posent pas trop la question. On vit simplement.

C’est donc dans ces conditions que nous avons pris notre avion pour Kinshasa : moi le 4 octobre à la Saint François d’Assise, et le père Christophe 5 jours après. Une fois le père Christophe à Kinshasa, je réalisais que je devais activer mon réseau d’amis, mettre à contribution ma famille, mes confrères de Kikwit et, surtout Dieu.

La maison régionale des pères des missions africaines où nous avons posé nos valises était un cadre accueillant avec sa grande cour verdoyante, même si, il faut l’avouer, nous étions dans une des communes populaires de Kinshasa : Masina. L’inconvénient est qu’étant situé à l’autre bout de la ville, cette commune n’aide pas à éviter les grands embouteillages de Kinshasa.

La RDC est un grand pays dans sa superficie, pays aux potentiels énormes, mais ruiné par une gestion approximative des acteurs. Mais l’accueil est celui propre au continent, d’après père Christophe. Dans la rue, les gens ont envie de parler au français même si la vie est dure; ils veulent plaisanter.

Petit à petit, notre curé a pu retrouver des assurances. Il a su s’adapter à la vie mouvementée du Congolais : participer à l’eucharistie, à la louange avec son corps aussi, manger du fufu, de la courge, les maboke (poisson grillé dans les grandes feuilles), la mangue, l’ananas et la papaye, etc.

Au bout de ce voyage, je suis satisfait d’avoir fait découvrir mon pays et ma famille au curé même si nous ne sommes pas allés jusqu’à Kahemba ma cité natale, à cause du temps et de la distance. Le pays est beau mais mal géré ; ce n’est pas la France ; les guerres successives, les querelles politiques dans le pays n’ont fait qu’aggraver la situation. Mais la vie n’est pas terminée. Et la relation avec Dieu demeure. Elle est peut-être encore plus intime, plus réelle en ce temps de crise qu’avant. « Notre vie dépend de Dieu » avons-nous lu sur un taxi.

Et puisque nous avons ramené une Vierge Marie de Kinshasa, désormais il y aura la Vierge d’Afrique à Saint Brevin. Cette Vierge noire à qui est confiée la mission d’intercéder pour la Paix est posée à côté de la blanche portant elle aussi l’Enfant Jésus. C’est la même, mais représentée par les Africains. Ceci est une preuve que le désir de fraterniser et d’être solidaires est là. Nous sommes tous frères, et nous formons la même Eglise. Qu’est ce que l’Eglise, sinon une assemblée des frères ?

Père Darius Lutende.

Les photos de Père Christophe :

1- la maison qui nous accueille
2 la famille du père Darius
3- accueil à la congolaise
4- embouteillage à Kinshasa
5- liturgie dansante (prier avec le corps)
6- Un pays immense …
7- et magnifique
8- la cathédrale de Kikwit (diocèse du p. Darius)
9- c’est ici qu’il fut ordonné

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